mardi 1 mai 2007

Un peu de science pour tout le monde, Claude Allègre, New York, 1er mai 2007

-
On dirait que Claude Allègre recommence le même livre tous les deux ans pour expliquer et re-expliquer les mêmes principes généraux de l’état de la science aux mêmes ignares et c’est très bien comme ça car mon cerveau rétif à ce type d’abstractions nécessitera au moins dix piqûres de rappel avant d’intégrer la structure de l’atome. L’ajout de nombreux schémas en couleur (même dans l’édition de poche) constitue la principale innovation. On se demande comment on s’en était passé dans les livres précédents. La méthode géniale mise en œuvre par Erathostène à Alexandrie un peu avant Jésus-Christ pour calculer le rayon de la terre fait par exemple l’objet d’un schéma lumineux : avec un puit et une obélisque ainsi que la mesure précise de la distance les séparant, il calcula que le rayon de la terre était de 4600 kms (contre 6400 en vrai), rien qu’avec le cosinus ! De même le schéma représentant un bateau vu de la côte projetant un rayon lumineux depuis la base du mat vers le haut où est attaché un miroir (ça y est, j’ai plus qu’à faire un schéma) est tout bête mais donne instantanément accès à la relativité du temps, si du moins on accepte l’étonnante hypothèse que la vitesse de la lumière, vitesse indépassable de l’univers, est une constante… Whaouuu ! C’est exactement le livre qu’il me fallait pour accompagner la randonnée en ski d’avril, histoire de disserter entre promeneurs de la chute comparée du plomb et des plumes, de scotcher pendant les longues marches hypnotiques et de rêver en contemplant les prodiges de la nature.

Finalement comme toujours j’ai cru en lisant découvrir deux ou trois choses fondamentales mais je ne retiens que des anecdotes triviales comme le fait qu’un boulet projeté à l’horizontal depuis une forteresse touchera toujours le sol au même moment, quelle que soit la puissance avec laquelle il est projeté… Bien peu de choses en définitive ou en apparence, mais reste le plaisir de lecture et de découverte, et en prime dans mon cas de redécouverte étant donné que j’en zappe 90% d’une fois sur l’autre. A propos de plaisir, Allègre s’en donne un peu trop en distribuant bons et mauvais points à tous les types ayant contribué de prés ou de loin à une découverte. C’est un peu pathétique parce que ça le renvoie de façon trop évidente à sa frustration (pourquoi eux et pas moi qui suis pourtant au moins aussi génial ? semble t-il geindre), tout en compliquant inutilement la tâche du lecteur qui essaie tout aussi pathétiquement de suivre et qui voudrait surtout savoir où on en est aujourd’hui (dans le but prioritaire de briller en société ?).

Aucun commentaire: